Shimano Epic Enduro 2014

La traditionnelle Transvésubienne passant à la trappe dans mon calendrier, il me tenait tout de même à coeur de participer cette saison à une bonne course physique pour un flirt avec les limites de mon organisme.

Habituellement agendée, fin mai, la mythique course du 06 impose souvent une préparation précoce dans le saison. Mais que dire alors du Shimano Epic Enduro…? Placée début avril, cette nouvelle course propose un défi hors-norme: un parcours de 90 kilomètres, des ascensions et autant de dégringolades sur près de 4500 mètres verticaux et enfin 8 spéciales d’enduro chronométrées pour environ 1 heure 30 minutes d’engagement! Un programme alléchant mais exigeant.

Profil EPIC

La veille des hostilités, nous arrivons à Olargues, lieu où se trouve notre charmant gîte. Mon papa et trois compagnons venus d’Helvétie ont partagé ce long trajet vers le Sud. Alain, Alexandre et Olivier relèveront également le défi du lendemain.

Photo0365

Le matin du 5 avril 2014, tout grouille dans le paddock de la course situé dans le petit village de Mons La Trivalle dans le Caroux. Après un bref mais profond sommeil, lever à 3 heures, départ à 5 heures… Un long fil lumineux s’étire sur Naudech, la colline qui accueille les trois spéciales de cette première boucle matinale. Météo douce et clémente, un vent fort balaye le peloton de plus de 500 valeureux riders.

SEE2014-58

La première spéciale se réalise de nuit, éclairée par les dispositifs d’éclairage de chacun des participants. Peu expérimenté en la matière, je compte bien prendre mes marques durant cette première manche afin d’engranger un peu de confiance pour la journée qui s’annonce très longue… C’est raté! Après moins de 2 minutes, mon cintre percute un arbre (noir?). Belle chute au sol, heureusement je retrouve rapidement mon vélo qui « brille » dans la nuit. Une fois le guidon remis dans l’axe, ça repart tant bien que mal… Une expérience nocturne très sympa, malheureusement ralentie par de nombreux autres coureurs sur le tracé. Bilan des dégâts: un cadre bien endommagé (vive l’alu), une belle contusion à la cuisse gauche et un moral déjà atteint.

SEE2014-205

En route vers la seconde portion chronométrée des « Crêtes » avec l’intention de retrouver un peu d’allant. Le jour se lève, l’éclairage est remisé et l’ambiance vraiment unique! Avant de prendre le départ, je m’aperçois que ma roue arrière a perdu passablement d’air. Je décide d’en rajouter un peu au moyen de ma petite pompe. Quelques coups et voilà que ma valve Tubeless décide de céder à sa base…alors que je m’apprêtais à partir derrière le futur vainqueur de l’épreuve.

IMG_1969-3

Contraint de mettre une chambre à air, Alexandre et Alain me rattrapent. On se quittera plus pour les 12 prochaines heures… La seconde spéciale se révèle très glissante avec de beaux franchissements et une adhérence assez aléatoire. Malheureusement, la courbe d’amortissement de mon amorto est capricieuse depuis ma cabriole matinale et le trafic « pédestre » sur la spéciale m’oblige à « lever le pied » ou à marcher…

Dans la liaison suivante, après à peine 3 heures de course, des crampes surviennent déjà. La tension et l’intensité des spéciales en sont responsables. La troisième spéciale intitulées « Les écoliers » présentent un beau tracé avec de superbes appuis construits par l’organisation. Un régal jusqu’à ce qu’une branche invisible écrase mon casque de plein fouet en rentrant à haute vitesse dans un sous-bois… Le choc m’oblige à m’arrêter pour reprendre mes esprits. Il faut continuer tant bien que mal. Technique et sinueuse, le terme de la spéciale est exigeant. A force de rattraper et dépasser beaucoup de monde, difficile de rouler à son rythme, je me contente de terminer proprement mon pensum, surtout après ma rencontre intime avec ce morceau d’arbre.

Premier retour au paddock avec le moral dans les chaussettes, les chronos ne sont pas bons et ce n’est guère surprenant. Qu’à cela ne tienne, changement de pneu arrière monté en Tubeless, passage au bus pour refaire le stock de vivres et ravitaillement en conséquences pour tenter de reprendre des couleurs. Après une heure de « pause », la costaude ascension vers Montahut nous attend. Une belle route fraîchement goudronnée au pourcentage « amical » cède alors vite sa place à une voie bien plus raide et caillouteuse. A l’approche du sommet, le soleil cogne mais le vent le lui rend bien. Les nombreux riders sont contraints de porter leurs montures sur un sentier quelque peu escarpé. L’heure tourne…, midi est passé et la méconnaissance du tracé m’invite à accélérer un peu le pas.

SEE2014-406

Petite pause le temps de se mettre en condition et d’observer le superbe panorama, c’est parti pour « Montahut », la quatrième spéciale du jour. Une bien belle descente très variée, le plaisir est présent d’autant plus que le peloton s’est écrémé et que les riders se montrent « fair-play » en règle générale. Pas évident de garder toute la lucidité au fil des minutes, une glissade sur une dalle et mon levier de frein arrière tire désormais un peu la gueule. La fin de la spéciale est très éprouvante et piégeuse. La ligne d’arrivée, libératrice!

Pas de temps à perdre et cap sur « Bardou », la spéciale N°5! Non sans mal pour certains concurrents, auteurs de spectaculaires chutes en liaison, la fatigue sévit… Oui, déjà près de huit heures qu’ils sont partis tous ces challengers de l' »EPIC ». Une longue ascension avec un contrôle régulier du quadran sur mon bras gauche. Le rythme a bien changé par rapport à la grimpette sur Naudech au petit matin et rares sont les coureurs qui font les « fiers ». Un petit gel énergétique me redonne un peu de force pour rallier le départ via un joli sentier.

023 2-4

Pas de distinction « moustache » reçue, mais une sympathique discussion avec les bénévoles présents avant le « bip » d’allumage! Les sensations reviennent peu à peu et cette spéciale a le mérite de me remotiver avec de très beaux passages engagés, de la vitesse et de belles relances finales. Retour au paddock avec le sourire. Mes compagnons du jour me retrouve au stand Shimano. Un dernier remplissage de la poche à eau avant de repartir avec en point de mire la dernière porte horaire à 17 heures située au 2/3 de la troisième boucle. Entre temps, Alain a passé chez les masseuses pour soulager un dos douloureux depuis quelques jours. De retour, il  semble avoir retrouvé un « 3ème souffle », de bon augure.

« Mini-Jurassic », la sixième spéciale est négociée sans encombre malgré des arbres « collants ». Le temps passe…les jambes trépassent…et les crampes reprennent de plus belle. Ouf! La liaison se termine par un gros « raidar ». Mais croyant à une « petite » spéciale, les bénévoles présents au départ nous invitent à nous « dépêcher ». Ce tracé, nommé « Les pylônes », durerait plus d’un quart d’heure et serait bien technique… Bonne ou mauvaise surprise? Quoiqu’il en soit, il ne faut pas traîner, dans une demi-heure le « couperet » sera tombé…

Un vrai « morceau » cette descente à ce stade de la course! Sans répit jusqu’au terme, des relances physico-techniques, des franchissements tordus, des dévers tendus…que du bonheur mais les bras souffrent. Seul un déraillement m’accorde une « pause ». A l’arrivée, très satisfait, il me reste encore à pédaler quelques minutes sur une route bitumée pour atteindre l’endroit où est juchée la porte horaire. C’est fait!  Je rejoins pas mal de riders couchés, du bon côté de la rubalise, qui apprécient ce moment. Parmi eux, Olivier, affiche une belle fraîcheur, il a passé toute la journée avec Kerstin Kögler, en course pour la victoire dans la catégorie féminine.

10155343_10152122777018661_3315457782888511260_n-1

17 heures – Alain et Alexandre nous ont aussi rejoint! La pression de l’horloge en moins, c’est le moment de débriefer déjà un peu sur les aventures vécues. On a le rire facile mais aussi le « bide » déconfit pour certains. Cette ultime liaison se savoure, et on prend le temps. Pousser plutôt que pédaler, s’allonger plutôt que progresser…les piqûres de mouche nous le feront regretter dès le lendemain. Avec toutes ces pauses, nous sommes définitivement les derniers encore course, escortés par les « vélos balais ». Si la tension est bien redescendue, il faut désormais se repréparer à « watter » sur la dernière spéciale: « Colombières ». L’analyse vidéo avait révélé de belles remontées.

Pas déçu. Énorme dessert pour ce menu gargantuesque du jour… Ultra-physique, parfois glissante et super engagée, il faut tenir bon jusqu’au bout. Malgré une visite du « décor » et un dérailleur légèrement tordu, je parviens à rallier l’arrivée avec une belle satisfaction…woaw! Quel final! Notre petite équipe se retrouve au fond de la spéciale avec un large sourire avant un retour « triomphal » vers Mons La Trivalle. Tous stickés de l’EPIC d’OR, bien joué!

Finish

Côté classement, en montant en puissance après mes déboires matinaux, je termine finalement à la 20ème place. En venant ici j’espérais mieux mais je retiens tout de même pas mal d’éléments positifs sur l’ensemble de la journée. Vivement la suite de la saison!

Photo0370

Merci aux organisateurs pour la qualité de l’événement, aux bénévoles pour leur engagement souriant, à Shimano pour l’assistance!

Bravo à tous les finishers, à Flo Golay qui gagne avec maestria; à Jérémy, mon teammate, qui prend la 3ème place; à Alain, Alexandre, Olivier et mon papa pour la bonne compagnie du week-end!

© Photos: Antoine Bussier – Wildtrack / Magali Puig – M’Your Shoot / Jérôme Roustit / J-M Allaz

La vidéo de l’événement

Actuellement, en phase finale de ma formation universitaire et en pleine rédaction de mon travail de mémoire, mon entraînement est quelque peu mis entre parenthèses. Je serai néanmoins au départ de l’Enduro des Terres Noires à Digne au mois de mai prochain.

A bientôt!

Emmanuel

2 Réponses à Shimano Epic Enduro 2014