Chaleur suffocante en plaine, cette seconde édition du Rock The Besso à Zinal tombait à pic. De quoi prendre un peu d’altitude pour retrouver un peu de fraîcheur, certes toute relative. Mais avec quels repères ? A nouveau pris en étau par un emploi du temps chargé, la boue jurassienne encore dans mon casque, une seule sortie sur les hauteurs de Finhaut m’avait permis de refaire mes gammes.
Sous « l’œil » du Besso, le briefing lance les coureurs à l’assaut…du téléphérique de Sorebois. Un prologue les attend avec pour tracé la seconde partie de la première spéciale de l’an passé. Une liaison descendante peu habituelle conduit le peloton au départ. Une belle trace typiquement valaisanne à travers champ avec son lot d’épingles assez ouvertes sans grands appuis…
Ça fait un bien fou de rouler, et de tenter de trouver grip et rythme juste avant le début des hostilités. Sans pour autant en rajouter, ma roue avant se dérobe sur un virage à droite. Petite chute au sol, le guidon est resté bien centré mais il tire bien la gueule côté droit. Mis à rude ces derniers mois avec de trop nombreux « crashes », il a fini par céder… Et mon moral, soudainement aussi effrité que ce tube en carbone.
Par chance, Virgile, organisateur et ouvreur de luxe, me propose son cintre. Aidé par mes potes, je retrouve alors un poste de pilotage « tout neuf » pour au moins commencer la course… Pas évident de repartir avec un nouveau guidon mais je me pose pas trop de questions. Ce prologue engage bien avec de nombreux passages à négocier avec calme. De la vitesse, des franchissements, de belles courbes dans la terre, des épingles plus serrées…le ton est donné!
Passage au lavage pour le vélo et le bonhomme avant une soirée barbecue sous la tente dressée au bout de la route à Tzoucdana. Ambiance conviviale propre aux événements de l’Enduro Helveti’Cup, on aime ça! Une feuille de papier est collée sur la structure bien gonflée durant la soirée. Les résultats sont affichés. Maxime Chapuis colle déjà plus de 8 secondes à tout le monde. Mais les poursuivants sont nombreux et groupés.
Réveil sous une petite pluie samedi. Pas mal de monde opte pour des pneus plus cramponnés à l’avant. A raison même si les précipitations cessent rapidement, du moins pour l’instant…. Après un rapide briefing, le peloton se laisse glisser jusqu’à Mottec avant une montée toute en douceur conclue par un portage dans un pâturage « carte postale ».
Peu après 09h30, les coureurs s’élancent par intervalles irréguliers. Grâce à un astucieux système de chronométrage par cellules et vidéo, fini les heures de départ fixe et pas besoin de transpondeur, un must! Identique à la SP2 de 2015, ce tracé n’a pas perdu de ses charmes. Parties rapides, superbes épingles, relances, le tout dans un grip vraiment bon! Gros plaisir ce d’autant plus que le balisage, vraiment bien mis en place, aide à conserver un max de « speed ». Sourire à l’arrivée, au contact de Flo et Max, derrière un petit « gap » s’est formé au classement.
La liaison pédalante suivante nous conduit à Grimentz. Les jambes tournent bien, la tête ne « grésille » plus…rien à voir avec les dernières semaines. Un bon ravito attend les coureurs qui arrivent progressivement au pied de la télécabine. L’occasion de reprendre des forces pour la SP2 du jour…ou plutôt pour sa reconnaissance. En effet, les organisateurs nous laisse une chance de repérer quelques lignes avant la manche chronométrée. Personne ne se plaint car le tracé propose de belles difficultés avec des épingles très serrées, de la pente, des enfilades techniques et quelques coupes possibles…il faut ouvrir l’oeil! Et la pluie semble de retour…
Au sommet l’ambiance a fait volte-face. Alors que les rayons du soleil baignaient encore la « reco », l’air s’est désormais refroidit de 4°C et la brume, opaque, rajoute encore une difficulté supplémentaire pour les participants. Je ne tergiverse pas et m’élance en seconde position. La partie haute dans le bois s’est passablement assombrie, je parviens à éviter les arbres mais pas la glissade une fois le premier secteur d’herbe mouillée rencontré. S’en suit une longue série d’épingles dans le terrain vague sous la cabine et dans le brouillard. Peu après, je sors du parcours et termine dans les hautes herbes avant de tomber dans un épingle peu après. Le rythme est définitivement perdu et je termine un peu « en survie » les dernières courbes taillées dans le pré où il faut effleurer les freins.
Juste après mon arrivée, un véritable déluge s’abat sur la station anniviarde. Veinard d’être au sec, l’orage se déchaîne. La course est même stoppée momentanément. Face à cette situation météorologique défavorable et l’annonce d’un nouveau « front » orageux, l’organisation décide d’enchaîner plus rapidement vers la spéciale 3 et d’annuler malheureusement la dernière spéciale.
Remontée en cabine à Bendolla avant de se précipiter au restaurant pour rester à l’abri des dernières grosses averses. Le ciel s’ouvre très gentiment, la pluie cesse et on s’empresse de rejoindre le départ de la spéciale après une courte liaison sur une route. Le bal final est ouvert! Et la partition choisie par les organisateurs nous invite à balancer nos plus beaux déhanchés!! Un tracé de haute qualité, complet à souhait, où la faute et le piège ne sont jamais loin mais le plaisir omniprésent! Toute l’alchimie des courses de VTT Enduro « à vue » en somme.
Grosses bananes à l’arrivée, les pilotes se congratulent et avalent la bière offerte une fois les cellules franchies. Les nuages ont définitivement déserté la vallée. Mais il est trop tard pour changer les plans. Retour à Zinal donc pour toute la troupe au moyen de bus et remorques savamment orchestrés. Rinçage de nos destriers, et de nos mollets avant le podium et la soirée! Malgré ma SP2 du jour un peu décevante, j’ai enfin réussi à trouver le rythme et la gniak qui me fuyaient un peu ces dernières semaines. Je termine à une belle 3ème place derrière « l’intraitable fougueux » Max Chapuis et « l’inusable pionnier » Flo Golay. Yann Guigoz termine beau 5ème et donne une jolie allure étoilée à ce palmarès du Rock The Besso 2016!
Merci au sympathique comité d’organisation et aux bénévoles souriants pour cette course unique, que la fête fut belle, longue vie au Besso!
La saison bat désormais son plein et je lorgne sur la MB Enduro de Megève avant de poursuivre ma route direction le Verdon pour la 1ère édition du Grand Rallye TransVerdon, une course d’une semaine par étapes, ça promet!
A bientôt, belle suite d’été!
Emmanuel